Dans un environnement où la fraude à l’identité est en constante progression, la vérification d’identité des collaborateurs est devenue une obligation incontournable pour les employeurs. Si elle est souvent associée à l’onboarding RH, cette vérification doit en réalité être menée tout au long du cycle de vie du contrat de travail, de l’embauche à la rupture du contrat. L’identification rigoureuse des salariés permet non seulement de lutter contre l’usurpation d’identité et la fraude documentaire, mais aussi d’assurer la conformité légale des entreprises et de protéger leurs intérêts économiques.
Face à la complexité des obligations juridiques et aux risques encourus en cas de manquement, les équipes RH ont une responsabilité majeure dans la mise en place de processus de contrôle efficaces. Grâce aux solutions digitales, il est désormais possible d’automatiser ces vérifications et d’assurer un suivi continu de l’identité des collaborateurs.
- Une obligation légale dès l’embauche : l’identification et la vérification des titres d’identité
- Une exigence légale pour tous les employeurs
L’employeur est tenu, dès l’embauche, de vérifier l’identité des collaborateurs et leur droit à travailler en France. Cette obligation concerne tous les salariés, quel que soit leur contrat (CDI, CDD, intérim, alternance) et s’applique à toutes les entreprises, associations comprises.
L’article L. 1221-10 du Code du travail impose à l’employeur de s’assurer que le salarié est en situation régulière avant son entrée en fonction. Pour ce faire, plusieurs documents doivent être demandés et vérifiés :
– Pour les salariés français : carte nationale d’identité ou passeport en cours de validité.
– Pour les salariés étrangers : titre de séjour et, dans certains cas, autorisation de travail.
Le non-respect de cette obligation peut exposer l’employeur à des sanctions pénales et financières, notamment en cas d’embauche d’un étranger en situation irrégulière. - b) La distinction entre les titres de séjour valant autorisation de travail et ceux nécessitant une validation
Certains titres de séjour permettent à leur détenteur de travailler sans démarche supplémentaire (ex. carte de résident, carte pluriannuelle « passeport talent »), tandis que d’autres nécessitent une autorisation préalable délivrée par la préfecture. Dans ce dernier cas, l’employeur doit faire une demande au moins deux jours ouvrables avant l’embauche.
En cas d’absence de réponse sous deux jours, l’autorisation est considérée comme accordée. Cependant, une erreur dans ce processus peut entraîner des sanctions en cas de contrôle.
- Une exigence légale pour tous les employeurs
- La responsabilité des équipes RH dans la lutte contre la fraude à l’identité
- Un rôle clé dans la prévention des risques juridiques et financiers
Les services RH ont la responsabilité de mettre en œuvre des procédures rigoureuses pour sécuriser l’embauche et la gestion des collaborateurs. Cela implique :
– Une vérification systématique des titres d’identité et des documents fournis.
– La conservation des pièces justificatives conformément aux obligations légales.
– Une mise à jour régulière des dossiers en cas de prolongation ou renouvellement d’un titre de séjour.
Un manquement dans ces obligations peut engager la responsabilité de l’entreprise, avec des conséquences lourdes en cas de fraude avérée. - Le risque de sanctions en cas de négligence
La jurisprudence est claire : un employeur ne peut être exonéré de responsabilité qu’à condition d’avoir accompli toutes les diligences requises.
Dans une affaire jugée en 2018 (Cass. crim., 8 août 2018, n°17-84.920), un employeur avait recruté un salarié avec un titre d’identité falsifié. N’ayant pas demandé la présentation de l’original du document, il a été condamné pour emploi d’un travailleur sans titre de séjour valide. - Les sanctions encourues en cas de fraude détectée :
– Amende jusqu’à 15 000 € par salarié concerné et cinq ans d’emprisonnement (art. L. 8256-2 du Code du travail).
– Redressement Urssaf avec majoration de 40 % des cotisations en cas d’infraction multiple.
– Interdiction de bénéficier de subventions publiques et obligation de remboursement des aides perçues.
- Un rôle clé dans la prévention des risques juridiques et financiers
- La vérification d’identité tout au long du contrat de travail
- Le suivi des titres de séjour et des autorisations de travail
L’obligation de vérification ne s’arrête pas à l’embauche. Pour les salariés étrangers, il est essentiel de suivre l’évolution des titres de séjour et de s’assurer de leur renouvellement avant expiration.
Les employeurs doivent anticiper :
– La demande de renouvellement avant l’échéance du titre de séjour.
– La mise à jour des documents dans le Registre Unique du Personnel.
– La déclaration à l’Urssaf en cas de changement de statut du salarié. - La gestion des mobilités internes et des évolutions contractuelles
En cas de promotion, mutation ou changement de poste, les documents d’identité doivent être revérifiés pour garantir la conformité administrative. De même, en cas de cumul d’emplois, l’employeur doit s’assurer que la durée maximale de travail est respectée. - La rupture du contrat et la vérification des droits
Lors de la fin du contrat, la vérification d’identité reste cruciale, notamment pour :
– Le calcul des indemnités et des droits liés à l’ancienneté.
– La régularité des documents nécessaires à la liquidation des droits sociaux.
– La transmission des données aux organismes de protection sociale
- Le suivi des titres de séjour et des autorisations de travail
- L’apport des solutions digitales pour sécuriser la vérification d’identité
- Automatisation des contrôles d’identité et détection des fraudes documentaires
Les nouvelles technologies offrent des solutions puissantes pour fiabiliser la vérification d’identité. Les outils de contrôle automatisé permettent de :
– Scanner et analyser les titres d’identité pour détecter les falsifications.
– Vérifier la correspondance entre le document et son détenteur via reconnaissance faciale.
– Accéder aux bases de données officielles pour valider les informations en temps réel. - Intégration des solutions KYC dans la gestion des ressources humaines
L’approche KYC (Know Your Customer), utilisée dans la finance, s’adapte aux RH pour renforcer la sécurité et l’authentification des collaborateurs. Elle repose sur :
– La reconnaissance biométrique pour sécuriser l’accès aux locaux et aux systèmes internes.
– La surveillance continue des données pour signaler toute anomalie.
– L’historisation des contrôles pour prouver la conformité en cas d’audit.
- Automatisation des contrôles d’identité et détection des fraudes documentaires
La vérification d’identité dans les RH ne se limite pas à l’onboarding, mais doit être réalisée tout au long du contrat de travail. Face aux risques de fraude à l’identité et d’usurpation, les employeurs doivent mettre en place des procédures strictes et s’appuyer sur des solutions digitales pour automatiser et sécuriser ces vérifications.